Benjamin Braddock
Une nuit alors qu’il allume la télé, Arthur tombe pour la énième fois sur un de ses films préférés : The Graduate. Il n’a plus le choix, désormais il s’appellera Benjamin Braddock, du nom du héros, dès la nuit tombée. Qu’on ne se trompe pas sur le choix de ce patronyme, plus inspiré par le morceau « Sound Of the Silence » de Simon & Garfunkel, qui illumine la bande son originale, que par la passion pour les femmes d’un certain âge. Belles, bien entendu !
Il y a trois ans, un ami que l’on nommera par commodité l’homme à la capuche, le contacte pour venir passer du son au Sans Souci, le bar juste en dessous de Pigalle, qui deviendra très vite l’un des repaires les plus branché de Paris et le point de passage obligé avant toute soirée qui refuse d’en finir. Benjamin Braddock rencontre la bande des labels Maman Records et I’m A Cliché. C’est le début d’une belle aventure, le point de départ d’un rollercoaster nocturne.. Il faisait partager ses goûts musicaux à l’occasion, il se retrouve à jouer régulièrement à la Fidélité, Chez Moune, au Point Ephémère, Chez Régine, pour le Festival de Cannes, à Londres, au Mini Palais, au Carmen, au Tigre, au Social Club. Benjamin se souvient, non sans émotion, qu’il a même réussi à faire danser Tim Burton en chaussettes.
S’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher à Benjamin Braddock, c’est qu’il aime faire danser et sourire les gens, qu’il adore les surprendre. Vous n’êtes pas à l’abri un jour de l’entendre passer un Klaus Nomi ou un Malcom McLaren; parce que tout garçon bien éduqué maîtrise ses classiques. Ne l’imaginez pas old-school pour autant. Malgré une apparence faussement sage, Benjamin peut sur un coup de tête, se lancer dans un set hip-hop ou s’amuser à frôler de peu le gangsta. Tout en repositionnant son col de chemise et en s’imaginant sur une planche de skate avec du Blood Orange dans les oreilles. Du Blood Orange ? Quelle bonne idée !
Quand vient le jour, Benjamin est graphiste pour faire simple, directeur artistique pour dire la vérité. Il signe ses créations sous le nom de Artsomething et répond au doux nom d’Arthur. Il a travaillé entre autres pour Viktor & Rolf ou Margiela. Ce qui ne l’empêche pas de designer également des mottes de beurre et des packs de lait que l’on retrouve sur les tables des grands chefs.
Pour l’instant, il a réussi à concilier son côté Dr Jekyll avec sa facette M.Hyde, ses jours avec ses nuits, une seule fois, lorsque Jean Paul Lespagnard (lauréat du festival de Hyères en 2008) le contacta pour réaliser, avec brio, la musique de son show.
Du coup, on se dit que Benjamin Braddock mérite amplement une seconde chance.
———————————————————————————–
One night, as he turns on the tv, Arthur stumbled again upon one of his favorite movies : The Graduate. It leaves him no choice, from now on, every nightfall, he will be named Benjamin Braddock. But make no mistake, its origin comes more from Simon & Garfunkel « Sound of Silence » song than from its passion for older ladies. All Beautiful, naturally.
Three years ago, a friend we shall name « The Hooded Guy » gets in touch with him to dj at the Sans-Souci, a bar in the Pigalle area which will become one of the hypest spot in Paris, a perfect place to start every endless party. Benjamin Braddock meets with Maman Records and I’m A Cliché label crews. It’s the starting point of a great adventure, the starting point of nightlife rollercoasting.. He started to share his music tastes, to regularly deejaying at La Fidélité, Chez Moune, at Le Point Ephémère, Chez Régine, at the Cannes Festival, in London, at the Mini Palais, at Carmen, at Tigre and at the Social Club. It is with emotion Benjamin Braddock recalls to making Tim Burton dance in socks.
If there is one thing you cannot blame Benjamin Braddock for, it’s that he likes to make people dance and smile, that he loves to suprise them. You’re not protected from hearing him play some Klaus Nomi or some Malcom Mc Laren ; every well educated guy knows its classics. But do not think he’s oldschool for those reasons. Don’t be fooled by his well-behaved attitude, Benjamin can go hip-hop or even gangsta in his dj sets while reajusting his collar, picturing himself skateboarding and listening some Blood Orange. Blood Orange ? What a good idea !
When the sun rises up, Benjamin Braddock is a graphic designer to make it simple, Art Director to say the truth. If he goes by the name of artsomething in his work, his real name is Arthur. Among others, he worked for Viktor & Rolf or Margiela. But it doesn’t stop him from designing some slap of butter or some milk pack you can discover on Chef tables.
For now, he could conjugate his two faces, his days and nights just once, when Jean Paul Lespagnard (the 2008 Hyères Festival graduate) got in touch with him to create successfully the music of his show.
Thus, we can say Benjamin Braddock deserves fully a second chance.
Text : Patrick Thévenin // Photos : Manol Valtchanov & Marc Fenton






